Evaluations CM2

Nous vous invitons à lire deux articles parus récemment : un communiqué de presse de la FCPE et un article de Pierre Frackowiak paru dans le café pédagogique : « La comédie de l’évaluation et du soutien ».

Nous avons écrit dans notre journal  et sur notre ancien site ce que nous pensions de ces évaluations CM2 passées au mois de janvier alors qu’elles portaient sur l’ensemble du programme de CM2, nous nous étions interrogés sur la pertinence d’un tel dispositif. De plus, les évaluations étaient en ligne avant que les élèves ne les passent, ce qui a permi à certains (parents ou enseignants) de faire du « bachotage« , biaisant de fait les résultats. Certains enseignants ont refusé d’interroger leurs élèves sur les parties du programme qui n’avaient pas été encore faites. Résultat : selon les circonscriptions, il leur a été demandé soit de valider les réponses soit des les considérer comme fausses. Parfois, tout ceci était laissé à l’appréciation des enseignants. Comment dans ces conditions croire que ces évaluations peuvent révéler quoique ce soit. C’est une mascarade !

Voici quelques citations extraites des articles cités ci-dessus :

  • Pierre Frackowiak

« Cette grande opération n’a donc servi à rien et comme elle n’a servi à rien, on recommencera l’année prochaine. Les complaisants diront que cela sera mieux l’année prochaine. Il est vrai qu’il est impossible que ce soit pire. »

« Tout maître est parfaitement capable de repérer, sans le secours de l’évaluation nationale, les 15% d’élèves en grande difficulté, leurs domaines de faiblesse et de concevoir des activités de soutien personnalisé. Avec une formation pédagogique améliorée, tout maître pourrait même mieux prendre en compte l’hétérogénéité de ses élèves pendant le temps scolaire normal. »

« Personne ne peut prouver que les enseignants utilisent ces évaluations pour transformer leurs pratiques en profondeur. Ces outils leur disent ce qu’ils savent déjà et les conduisent encore souvent, faute d’outils d’analyse de leurs pratiques, à considérer dans leur for intérieur qu’ils n’y peuvent rien. »

« Le soutien ne saurait être la priorité. Aujourd’hui, on ne parle que du soutien hors temps scolaire normal faisant l’impasse sur les pratiques pédagogiques pendant le temps scolaire normal. Plus personne n’en parle. Tout ce passe comme si l’échec scolaire était une fatalité et que le soutien viendrait compenser les lacunes et les difficultés d’apprentissage. »

« Le soutien ne peut pas être efficace malgré la bonne volonté des maîtres s’il se situe dans le cadre d’une journée scolaire déjà trop lourde. »

 » Les pédagogues savent que la voie choisie ne peut conduire qu’au désastre à moyen terme et que d’autres voies existent qui ont fait l’objet d’une abondante littérature pédagogique constructive »

« Le soutien ne peut être efficace que si les activités prévues sont bien articulées avec les activités de la classe, ce qui est concevable quand le maître de la classe assure le soutien, ce qui l’est moins pour les stages de remédiation qui sont souvent pris en charge par d’autres enseignants. »

  • Communiqué de presse de la FCPE
La FCPE dénonce à nouveau les évaluations de CM2 qui ne font rien de plus que pointer les inégalités entre les enfants, et permettent des jeux de comparaison entre les classes et les écoles issues de territoires différents.
La FCPE est peu surprise par les résultats des évaluations nationales des élèves de CM2, dont l’ensemble de la communauté éducative avait dénoncé les conditions d’organisation. Ces résultats ne pouvaient être favorables : items portant sur des parties de programme non effectuées et barèmes sans nuance.
La FCPE aimerait que le ministère explique comment il s’y est pris pour agréger des résultats qui ne peuvent être comparables, du fait que les enseignants n’ont pas tous fait passer la totalité des items ou ne les ont pas tous évalués selon le barème national. Elle aimerait en particulier savoir comment sont comptabilisés les résultats des élèves sur les items de la deuxième partie du programme de CM2, qui n’avait pas encore été traitée en janvier.
La FCPE dénonce à nouveau ces évaluations qui ne font rien de plus que pointer les inégalités entre les enfants, et permettent des jeux de comparaison entre les classes et les écoles issues de territoires différents.
La FCPE a, dans un courrier envoyé à Xavier Darcos en mars, demandé l’abandon de ces évaluations au profit d’évaluations élaborées par la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Education nationale) qui permettraient un réel pilotage du système éducatif.

La FCPE réitère sa demande de réelles évaluations diagnostiques nationales. Elle demande également au ministère de ne pas persister dans la voie qu’il a choisie, à savoir la dénaturation du principe même d’évaluation et la dégradation de l’image du système éducatif français.

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Photo de mainblanche – licence CC by-nc-sa

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